Le stress au travail

Je ne savais pas comment démarrer cet article qui touche tant de personnes et qui me tenait particulièrement à cœur. Alors j’ai décidé de vous partager dans un premier temps mon témoignage et dans un second temps mes recherches sur ce sujet.

La dégringolade

Début 2017, j’entamais pour la toute première fois une descente effrayante vers les profondeurs d’un burn-out. Au travail, je recherchais en permanence à me faire la plus petite possible, je ressentais ce besoin quasi-permanent de m’isoler (et c’était valable aussi à la maison). Lorsque des collègues de travaille venaient me parler, je n’osais pas m’exprimer sur ce que je ressentais ni sur le fait de comment je percevais la charge de mon travail auprès des élèves et des enseignants. Quant à mon patron, il n’était là que très rarement et s’il était présent, il restait dans son bureau. C’était très difficile de parvenir à poser des mots sur des maux dont je n’avais pas du tout conscience à l’époque.

A la maison, je pleurais énormément, j’avais cette frustration du travail qui se transformait très rapidement en colère à vouloir tout casser chez moi. J’avais l’impression qu’un rien m’énerver. J’ai plus ou moins réussi, un jour, à évoquer le sujet auprès de la personne qui partageait ma vie à ce moment-là, ainsi qu’à sa famille mais ce n’était pas vraiment d’une grande aide. Puis un jour, la situation allant de mal en pis, j’ai commençais à avoir des pensées bien noires, le sommeil n’étant plu ce qu’il était aussi, je dormais que 4 heures et si jamais il m’arrivait de ne pas arriver à dormir depuis 2 jours, je récupérais grâce à la moitié d’un somnifère prescrit par le médecin. Autant vous dire que j’avais l’apparence d’un fantôme…

Et puis un soir vers 17h, étant seule à la maison et ayant conscience que j’étais au plus bas mais n’arrivant pas à m’exprimer autour de moi, j’ai décidé de manifester mon état internet par un geste simple et dès plus radical qui soit. Je m’étais donné le choix entre avaler des médicaments en buvant de l’alcool et attendre la mort ou bien me raser la tête. J’ai choisi de me raser la tête.

Sur cette photo ci-dessus, vous pouvez me voir la tête rasée, deux à trois jours après l’évènement. C’est l’une des seules voire rare photo que j’ai encore dans mon téléphone. Et oui, elle est filtrée avec cet espèce de filtre clownesque pour éviter de montrer que je suis mal.

Je me souviens encore du doute qui m’a assaillit entre ces deux choix, cependant, au plus profond de moi-même malgré cette souffrance invivable et impensable, je ne voulais pas mourir, je voulais que l’on comprenne ma souffrance. Cette souffrance qui m’a déchirée, m’a enflammée de l’intérieur puis de l’extérieur et qui m’a consumée à feu doux.

Je me rappelle aussi, avoir prit mon téléphone avec moi (je ne sais plus pourquoi) ; j’étais dans la salle de bain. Je me suis d’abord couper les cheveux avec des ciseaux, j’étais en larmes… et malgré cela, une part de moi était quand-même heureuse d’être toujours là, vivante et de pouvoir ressentir ça – être vivant – sentir ses poumons se soulever et s’abaisser quand on respire.

Ensuite, j’ai pris la tondeuse et quel soulagement ! Vraiment… c’était comme si tout le poids accumulé était à mes pieds, comme si je pouvais le piétiner, c’était une victoire sur mon état et ma pensée. Puis au moment où je venais de terminer de me raser la tête, l’une de mes grandes cousines Agathe m’avait écrit pour me demander comment j’allais ma réponse fut l’envoie de mes cheveux au sol en photo, et je lui en expliqua la cause. C’était la première personne à qui j’ai osé avouer à moitié ma détresse.

Aussi, lorsque la personne partageant à l’époque ma vie rentra de chez ses parents, celle-ci fut saisi et pleura puis appelant instinctivement ses parents en disant « Venez vite ! Caro s’est rasée la tête, elle ne va pas bien… ». A ce moment-là j’étais un peu déstabilisée entre sa réaction et ce que j’éprouvais en moi-même. Après en avoir longuement discuté avec eux sur plusieurs jours et semaines, le diagnostique du médecin était posé burn-out avec état dépressif… je me suis donc mise en arrêt maladie que j’ai prolongé jusqu’en milieu 2018 et qui s’est terminé par une signature d’une rupture de contrat conventionnelle. Durant cette période, même si le médecin m’avait prescrit des antidépresseurs, je ne les ai jamais pris, car il faut savoir que je n’aime pas ingérer des médicaments, je suis plus tournée vers l’homéopathie.

C’est à partir de là, que j’ai recommencé à me ressaisir tout doucement, en allant chez Pôle Emploi pour toucher mes droits et demander un rendez-vous avec mon conseillé, j’eus la bonne surprise de tomber sur un homme attentif, extrêmement à l’écoute, bienveillant et en apprenant à me connaître, il me donna l’opportunité de connaître une aide formidable à savoir la sophrologie.

A la suite de nos échanges et rendez-vous, un heureux « hasard » ou pas (je ne crois pas au hasard), alors que je cherchais un sophrologue, je fus surpris de prendre connaissance d’une sophrologue certifiée qui habitait juste à côté de chez moi. J’ai donc entamé un accompagnement individuel sur une longue période, et j’ai aussi assisté à des séances collectives ce qui me donna encore plus envie de pratiquer cette méthode qui m’a tant aidé. Après avoir terminé ma thérapie, avec mon conseillé nous avons trouvé une formation à Paris pour devenir Sophrologue et les choses se sont déroulées comme elles le devaient et me voici maintenant, là, à vous parler en tant que sophrologue bientôt certifiée.

Des résultats alarmants

Selon un article publié en Mai dernier sur le site Pourquoi Docteur ?, on constate qu’au cours de ces dernières années une hausse permanente du stress et notamment du stress lié à son travail génère de fortes conséquences tel que des risques psychosociaux. En effet, avec une évolution constante des besoins ainsi que des attentes de chacun par rapport au marché de l’offre et de la demande, la pression subit sur son lieu professionnel s’est vu augmenter de façon exponentielle.

Remontons un peu plus loin en 2013, une enquête des conditions de travail avait été faite sur Dares, en voici quelques chiffres :

En France 61% des actifs se déclarent exposés à trois facteurs ou plus de risques psychosociaux (RPS). On note aussi 36% qui se disent ne pas pouvoir faire varier les délais fixés pour réaliser leur travail. Et 26% des salariés signalent subir des situations conflictuelles ou des comportements hostiles sur leur lieu de travail.

Aussi, en 2016 environ 1 salarié sur 2 aurait été concerné par le stress. Toujours en 2016, environ 28 millions d’actifs en France dont 3.5 millions ont été concernés par le Burnout. En 2017 on comptait 24% de salariés en France en situation d‘hyperstress. En 2018, 7 salariés sur 10 déclarent avoir un travail nerveusement fatiguant. En ce qui concerne les chiffres de l’an dernier, je vous laisse voir par vous-mêmes l’image ci-dessous.

Les informations rassemblées dans cette photo démontre que le stress au travail est un mal-être encore mal ou non avoué. Il reste donc un tabou au sein de la structure entrepreneuriale. Pour 30% des français, en 2019, pensent que leur employeur ne s’intéresse pas du tout à leur bien-être (BE) et plus particulièrement leur BE psychologique ainsi qu’à la qualité de vie au travail. Pour la plus part des personnes interrogés (tous sexes confondus) de 18 ans ou plus, on remarque aussi que les jeunes seraient plus en clin à l’idée d’évoquer leurs difficultés comparé aux personnes de plus de 40 ans.

Le stress : un mal-être silencieux

D’après une étude scientifique de l’Université de Californie 90% des maladies proviendraient du stress. Les scientifiques ont associés la quasi-totalité des maladies au stress sur le plan physique et psychologique.

En 2014, plus de 620 000 accidents du travail, dont 530 mortels et plus de 51 000 maladies professionnelles ont été reconnus au titre du régime général. Parmi les risques, le stress au travail s’est imposé comme un danger particulièrement préoccupant

Définition proposé sur Passeport santé : Le stress est un ensemble de réactions physiques et physiologiques de l’organisme, face à une situation particulière, que l’on dit stressante, et/ou des facteurs de stress. Il peut concerner tout le monde, le plus généralement sur une courte durée. Une situation de stress chronique est cependant pathologique.

Selon la médecine du travail, le nombre de maladies liées au stress a augmenté de 50% en cinq ans.

Aussi, il est naturel de connaître le stress, à condition que nous parvenions à retrouver, par la suite, notre équilibre dans un laps de temps raisonnable, exemple : « Depuis 2 mois je prépare une grande réunion avec mes supérieurs, je ressens du stress à l’idée de parler devant eux et puis une fois la réunion terminé et mon exposé fait, je me sens soulagé, mon stress diminue peu à peu. » S’il est vécu et ressenti comme cela, il est, alors, dit bénéfique. Cependant si le stress est mal géré est ne cesse de s’accroître, il engendrera des problèmes physiques et/ou psychologiques.

En ce qui concerne le stress au travail, comment se fait-il qu’il y ait plus de la moitié des salariés en France qui en soient touché ? J’ai recensé dans l’image ci-dessous quels en seraient les facteurs déclencheurs potentiels, la liste est non-exhaustive.

Il est important, aussi, de prendre ne compte que le harcèlement moral fait partie des facteurs d’un stress régulier au travail et que nous le retrouvons dans le Code du travail mais également dans le Code pénal que voici :

L’article L1152-1 du Code du travail définit le harcèlement moral de la manière suivante : « Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique et mentale ou de compromettre son avenir professionnel ». Le Code du travail n’énumère donc pas une liste de faits susceptibles de constituer des agissements de harcèlement moral. L’essentiel semble être l’objet ou l’effet de ses agissements.

L’article 222-33-2 du Code pénal précise que le fait de harceler autrui par des propos ou comportements répétés, ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende.

Notons également que tous les salariés peuvent être victime d’un harcèlement moral et ce peu importe la place qu’ils occupent (poste, ancienneté, etc.) au sein de l’entreprise. Par ailleurs, l’article L.4121-1 du Code du travail met à la charge de l’employeur l’obligation de protéger la santé physique et mentale de ses salariés. A cette fin, l’employeur doit mettre en place des actions de prévention des risques professionnels, des actions d’information et de formation ou encore, la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.

Qu’engendre un mal-être non exprimé ?

Comme vous pouvez le voir ci-dessus, j’ai schématisé ce que peut engendré, chez un individu, un mal-être non exprimé. L’individu lorsqu’il subit et n’ose avouer – par peur, honte, jugement ou autres – ce qui l’afflige va se voir diminuer de ses performances et lorsqu’il n’en pourra plus, il adoptera alors un nouveau comportement ainsi qu’une nouvelle attitude qui se caractérisera par une posture soit agressive ou bien fuyante. A cela s’ajoute, si ça n’a pas déjà été fait et généralement cela se fait très rapidement, il ne tardera pas à s’absenter de manière régulière et jusqu’à ce que cela devienne une habitude, comme un refuge de rester chez lui.

Lorsque ce mal-être n’est pas verbalisé, nos performances sont donc diminuées et nous ne sommes plus présent au travail. Ces deux signaux (ajouté à l’image ci-après en partie 2) nous alertent que la personne rencontre des difficultés dans son travail, ce qui va générer chez elle une suraccumulation d’informations dans son cerveau, qu’elle n’arrivera plus à traiter avec une aisance naturelle.

Ces difficultés liés aux facteurs cité plus haut dans l’article vont amener cet individu à un état d’épuisement professionnel plus fréquemment appelé de nos jours Burnout.

Mais… le burnout quésaco ?

Eh bien en premier lieu, le burnout concerne toutes les professions, aucun secteur n’est épargné. Même si certains en sont plus exposés que d’autre. Dans un second temps, on dit d’une personne en situation de burnout quand celle-ci ressent un état d’épuisement physique, émotionnel et mental lié à la dégradation de son travail ou d’un rapport avec une personne de son travail. En fait, c’est un ensemble de réactions consécutives liées à des situations de stress professionnel plutôt chronique (qui dure longtemps) dans lesquelles on demande une implication permanente, importante et donc intense.

Lorsque cette personne est en situation de burnout et selon son état émotionnel et mental, les médecins ont recensé trois prises de décision importantes :

  1. l’arrêt maladie pouvant être prolongé (c’en est souvent le cas),
  2. la démission,
  3. le suicide ou la tentative de suicide (pour les cas extrêmes).

A) L’arrêt maladie

L’arrêt maladie est le premier recours des français ne souhaitant plus ou estimant ne plus pouvoir aller au travail et pratiquer son activité. En fonction de l’évolution de son état, il sera alors prolongé ou non par le médecin traitant ou bien le médecin ayant fait l’arrêt.

B) La démission

La démission ou la rupture d’un contrat anticipé peut être aussi envisagé, chez l’individu, avant ou pendant sa période d’arrêt. Cela demande une certaine réflexion. Avant d’entame n’importe quelle procédure, tournez-vous vers des personnes ayant les compétences à même de vous répondre.

C) Le suicide ou la tentative de suicide

Selon un article de France Bleu publié en début 2020, que vous pouvez retrouver un fin d’article dans « Sources et annexes », 9 000 français se donneraient la mort suite à leur situation professionnel. C’est un cri silencieux mais également une alerte significative sur l’évolution de la pression exercée au sein de son travail et de comment on le perçoit mais aussi le ressent. Dans ce cas de figure très délicat, la personne ne voyant pas ou plus aucune échappatoire se voit soit en premier recours ou en dernier de se donner la mort.

Plus haut dans l’article je vous parlais de deux signaux (absentéisme et perte de performances) qui signale un épuisement professionnel. Ici dans cette deuxième partie de la schématisation d’un mal-être non avoué, nous allons aborder les trois causes qui ont été recensé par les médecins, chercheurs et scientifiques, qu’ils ont nommé le syndrome des 3S. Les 3S pour Suractivité, Stress prolongé (hyper stress) et Sommeil insuffisant.

A) La suractivité

Est le fait de travailler plus que la normale soit parce qu’il y a une accumulation ou bien surcharge de travaille apporté par un élément externe ou encore parce que le sujet éprouve une addiction au travail. Voir l’article https://www.ifac-addictions.fr/addiction-au-travail.html.

B) Le stress prolongé

Concernant le stress prolongé, lorsque l’individu est surmené et qu’il n’arrive pas à gérer son stress, il se voit souvent se transformer en maladie, car les mécanismes physiologiques en cause dans le stress peuvent contribuer à un panel de dérèglements. Notons qu’1 salarié sur 4 se retrouve en situation d’hyperstress en France au travail. Aussi, 28% des femmes contre 20% des hommes connaissent une situation d’hyperstress, la charge de travail et les changements au sein de l’entreprise étant les deux grands facteurs de stress.

C) Le sommeil perturbé

Enfin, ce qu’il faut savoir sur le sommeil : il est un facteur indispensable à la vie. Il contribue à la croissance, à la restauration de l’ensemble des grandes fonctions physiques et mentales, à la mémoire, à l’équilibre psychologique. Le sommeil lorsqu’il est perturbé c’est généralement parce que nous avons du mal à gérer notre stress quel que soit l’intensité (je sais, c’est rébarbatif). 1 français sur 3 associe ses troubles du sommeil à une manifestation de son stress. Plus d’infos dans cet article : http://www.sommeil-vigilance.fr/les-troubles-du-sommeil/.

Penchons maintenant sur les conséquences qu’entraîne ce mal-être dans la partie 3 de cette schématisation.

Plus haut dans l’article nous avons pu voir ensemble ce qu’était le burnout, c’est pourquoi je vais directement passer à la dépression.

La dépression est une maladie, qui à l’inverse du burnout lui est un syndrome. La dépression touche 1 personne sur 5. Une personne au cours de sa vie aura souffert ou souffrira d’une dépression. Parmi ces personnes souffrant d’une dépression, on remarque qu’entre 10 et 20% des patients risquent de se suicider. Aussi, il est important de savoir faire la différence entre la déprime qui est une tristesse, une mélancolie, un manque d’enthousiasme qui ne dure pas dans le temps, alors que la dépression est liée à une souffrance personnelle majeurs et à un dysfonctionnement social. En ce qui concerne les AVC, ceci n’est qu’un exemple (il m’était possible de prendre la rupture d’anévrisme). Une étude universitaire française met en évidence une corrélation entre un temps de travail prolongé et un risque de survenue d’AVC. Sur plus de 140 000 patients inclus, 0,9% ont rapporté un AVC, 29,6% des temps de travail prolongés et 10,1% des temps de travail prolongés sur plus de dix ans.

Les symptômes physiques et psychologiques du surmenage professionnel

Les symptômes physiques

Les symptômes psychologiques

Il y a toujours une solution à celui qui souhaite s’en sortir même si c’est éprouvant

Pour conclure

N’attendez pas que votre état empire.

Si vous souhaitez partager votre témoignage que vous soyez un professionnel ou bien un particulier (de façon anonyme) c’est possible, il vous suffit de m’envoyer un mail en cliquant dans la rubrique contact du menu, je le mettrai en fin d’article ou vous pouvez tout simplement vous exprimer en commentaire.

Merci à vous d’avoir pris le temps de me lire.

Sources et annexes

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